18 mars 2021

Tribune 

À notre génération

2/2 

Écrit par Juliette Mantelet

  Le temps d’un expresso

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Nous Fomo est né de l’envie d’imaginer un média qui nous ressemble, à nous et à notre génération. Un espace où l’on se retrouve, où l’on s’apaise, où l’on renoue avec le plaisir d’être ensemble. Nous “les fomos”, celles et ceux qui ont la trouille de l’avenir mais qui vivent à 300 à l’heure. Cette Tribune, elle est pour toi, pour nous.

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“ On est toute une génération
à faire front ”

Notre génération a ensemble à vaincre cette épidémie, à affronter le terrorisme, à affronter la crise climatique et celle des inégalités”, prononçait Macron le 24 novembre 2020.

Oui, nous sommes de celles et ceux qui ont connu l’horreur du 13 novembre 2015 et pour qui le nom Bataclan n’aura plus jamais la même résonance, de ceux qui luttent pour la lumière, celle de nos bars et de nos lieux culturels face à l’obscurantisme ou face à un virus persistant, de celles et ceux qui ne peuvent plus continuer à vivre et voyager comme avant car sinon, il n’y aura pas d’après. De celles et ceux qui doivent repenser leur mode de vie, radicalement, et renoncer à certaines habitudes.

Mais nous sommes aussi la génération qui peut encore changer les choses et qui fait déjà tellement. Une génération qui apprend à la précédente de nouveaux gestes à adopter, comme ma mère, végétarienne un peu grâce à moi, à qui j’explique la révolution que représentent les culottes de règles ou les cosmétiques solides. Une génération qui éduquera la suivante avec plus d’humanité et de respect pour la nature et pour les autres. Quand nous discutons entre ami.e.s de nos vieilles séries cultes, et que nous nous effarons aujourd’hui de combien la représentation des différences y est problématique, ou de l’idéalisation de relations toxiques, je souris, fière de nous. Je suis alors persuadée qu’à la vitesse où les mentalités évoluent, le monde de demain, grâce à nos efforts réunis, grâce à toutes ces discussions, toutes ces paroles qui se libèrent, sera forcément meilleur.

 

Mais c’est épuisant de se battre à 25 ans.

Et parfois, bien sûr, nous baissons les bras. Nous voudrions simplement pouvoir oublier un instant à coup de poésie, de vin ou de vertu, comme écrivait Baudelaire, l’horrible fardeau du Temps, les inégalités, et l’urgence qui pèse sur nos épaules. Alors toi qui lis cette Tribune, n’oublie jamais qu’on ne se bat pas seul.e.s. On est toute une génération à faire front. Si nous sommes peut-être moins insouciant.e.s, nous sommes aussi plus averti.e.s, plus éclairé.e.s, plus engagé.es, plus justes. Arrêtons de regretter de n’être pas né.e.s plus tôt, et faisons de cette époque une époque qui vaudra la peine d’avoir vécu. Gardons espoir, créons, faisons naître des initiatives et des projets plus humains, plus solidaires, plus égalitaires, plus inspirants, plus écologiques.


Répandons nos mots. Soyons présent.e.s.

Le bon moment, c’est maintenant. Si comme moi, avec cette fichue crise, tu te retrouves à vivre à nouveau chez papa et maman, avec l’impression tenace, même en ouvrant grand les yeux, d’être de retour aux années lycée, un peu comme dans le film 30 ans sinon rien, mais dans l’autre sens, respire et profite. Profite de ce cocon retrouvé et de cette pause bien méritée pour reprendre des forces pour mieux te lancer.


Le combat va être long, mais il peut être gagné.  

Et quand tu perds espoir, quand tu as un coup de blues, parce qu’être conscient.e c’est toujours douloureux, n’oublie pas qu’on a de la résilience à revendre, et surtout qu’on est là. Relis ce texte, parcours nos articles, écris-nous, ici tu as ta place. Comme ce vieux pull avec l’odeur de ton père que tu portes quand ça ne va pas, comme ce fidèle épisode de Friends que tu connais par cœur,

« I’ll be there for you »

Écrit par

Juliette Mantelet

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