13 juillet 2021

J’ai testé la pole dance

Écrit par Ségolène Montcel

Le temps d’un expresso

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Ah la pole dance… Si je vous disais que j’avais envie d’en faire depuis des années, vous me croyez ? Clairement, je ne fais pas preuve d’originalité sur ce coup, la pratique a connu un boom “coolitude depuis ces cinq dernières années. Et si je vous disais que pour la même activité Audrey, ma professeure particulière du jour, a reçu insultes et menaces sur les réseaux sociaux ? Eh oui, s’afficher pour une pratique sportive et exigeante telle que la pole renvoie encore aujourd’hui en 2021 à être traitée de “pute”. Par des hommes comme des femmes.

 

Un mardi soir de juillet, je me rends chez Audrey dite @mimosapudicadna, 29 ans, faire la rencontre de la grosse Berthe. Audrey donne des cours particuliers de pole et la grosse Berthe, nommée comme telle par ses élèves, c’est la barre d’Audrey, installée au milieu de son salon. “C’est un critère de sélection d’appartement clairement, m’annonce-t-elle, comme si chercher un appart à Paris n’était pas déjà suffisamment difficile sans l’option barre de pole. De mon côté, je débarque en tenue de sport, petit legging lilas et crop top de yoga, mais en fait, tout de suite, Audrey me voit, enfin plutôt me regarde avec toute sa tendresse et me dit : “Ah mais en fait pour tenir sur la barre tu sais faut être peau nue“. Ok. “Non mais t’inquiètes je vais te prêter des trucs“.

 

Et si on commençait par un petit entretien pour se mettre en jambes ?

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pole_dance_paris
pole_dance_paris

Comment ça a été vécu autour de toi que tu fasses de la pole ? Par tes proches et les inconnu.e.s ?

Quelles sont les différentes mouvances dans la pole ? Où est-ce que tu te situes ?

Pourquoi a-t-on cette représentation de la pole associée au strip-tease ? 

Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui c’est plus reconnu ?

Est-ce qu’on est en train de vivre le boom de la pole dance ?

Musique. On commence la séance par des étirements, des “équis” aussi comme Audrey les appellent pour étirer et chauffer nos muscles tout en trouvant notre équilibre. “Tu sais encore faire le pont ?” me demande-t-elle. Dans ma tête, oui ça va le faire, même si ça fait 20 ans et quelques que je n’ai pas tenté cette pose. Je m’allonge, je mets les bras en arrière, les pieds rapprochés prêts à soulever. Et là, impossible. Ça ne monte pas d’un centimètre. Bon et bah ça sera pour une prochaine fois. C’est dingue ce qu’on réussissait à faire enfants, finalement. Puis Audrey me propose de commencer la séance à la barre, je dois retirer mes bagues pour ne pas abîmer la grosse Berthe. Avant chaque séance, Audrey nettoie sa barre précautionneusement avec de l’alcool, puis elle utilise du grip ou de la magnésie. Bichonnée, la Berthe, je vous l’dis.

 

Audrey me propose de commencer les figures de la plus dure à la moins dure, car je vais finalement vite me fatiguer en cours de séance et c’est en début que mes muscles sont les plus aptes. On démarre par une inversion. Déjà le mot fait peur. Il s’agit d’inverser complètement son corps tout en montant sur la barre. Je la vois faire avant moi et ça parait presque simple. Ça parait. En réalité, une fois montée là- haut, après un petit élan, je tente fébrilement de me rappeler de ma droite et de ma gauche tout en lâchant mes jambes comme il faut derrière moi. Audrey me tient quand il faut pour me donner la juste impulsion et me repositionner si nécessaire. Une fois sur la barre, la tête à l’envers, tout ce que je connais du monde n’existe plus, je dois réapprendre l’espace et mon corps. Troisième essai et je réussis mon inversion ! Mon sang, qui a bien monté à la tête ne m’empêche pas de ressentir cette immense fierté de dépassement de soi, j’ai persévéré et j’ai fini par réussir quelque chose que je pensais impossible avec mon corps. On poursuit avec le V, le crucifix inversé, le cross knee en sit et en spin, la chaise…

 La pole, c’est pour qui ?

Mais en fait, ça vient d’où la pôle ? 

La pole inclut-elle forcément la barre ? 

Quel est ton rythme de pratique ?

Est-ce que ça t’a changée physiquement ?

Est-ce que les novices, même pas forcément musclé.e.s des bras, peuvent en faire ?

Si tu devais donner un point commun à tous.tes tes élèves ? Qu’est-ce qu’elle.il.s cherchent dans la pôle ?

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter comme avenir pole ?

La séance se finit, Audrey me disait de ne pas hésiter à la prévenir quand je voulais arrêter. “J’ai tendance à trop pousser sans m’en rendre compte“. Honnêtement, je suis épuisée, marquée au fer rouge de la barre et dans l’appréhension des courbatures du lendemain mais tellement tellement fière de ce que j’ai réalisé. Ma dernière figure sera un spin réussi à la presque-perfection. Ça me donne envie de continuer, de me voir progresser. Je me sens bien, presque rassurée des capacités de mon corps. Avec mon vaisseau retrouvé et challengé, j’ai des envies de conquêtes

 

Un grand merci à Audrey pour son professionnalisme et sa bienveillance, à suivre sur son Instagram @mimosapudicadna

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Écrit par

Ségolène Montcel

Photos par

Ségolène Montcel
Audrey

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